Jean et Béatrice

« Jean et Béatrice » de Carole Fréchette (2002)

Dans son appartement au trente-troisième étage d’une tour, Béatrice attend l’homme qui la délivrera de sa solitude. Elle fait passer une annonce promettant une récompense substantielle à l’homme qui saura l’intéresser, l’émouvoir et la séduire.Jean, un chasseur de primes expérimenté, se soumet aux trois épreuves par appât du gain. Mais Béatrice hausse les enchères : il s’agit en fait d’inventer l’amour. L’appartement se transforme en piège, la rencontre devient un duel. Tour à tour, Jean et Béatrice mettent en scène les gestes de l’intimité, miment les échanges de confidences, les disputes et les réconciliations, le partage du quotidien et l’usure du temps. Chaque tentative est une sorte de théâtre vérité.

Suffirait-il de croire à l’amour pour le faire exister ?

 

Note d’intention de Mise en scène

La mise en scène se veut réaliste avec un jeu d’acteur organique, sincère, instinctif, physique, naturel et joyeux. Les personnages vont au bout d’eux-mêmes sans limites, ce qui les rend vrais, beaux et attachants. Un décor minimaliste, style Atelier d’artiste décrépit, ambiance New Yorkaise, avec une lumière chaleureuse, un canapé, une table basse et tous les accessoires décrits dans le texte. L’atmosphère est moderne, brute, un peu rock. Une bande son sera aussi intégrée.

Jean et Béatrice, tous deux, excentriques et romanesques, ne sont pas seulement les acteurs mais aussi les auteurs de cette situation extravagante dans laquelle ils se mettent en scène. Au fil de la pièce, les personnages se dévoilent pudiquement et de manière toujours détournée, chacun avec leurs propres subterfuges, mais finissent complètement nus, sincères et touchants.

Quant à l’issue de cette quête de l’amour absolu pour l’une, et la fuite effrénée de tous sentiments pour l’autre, Carole Fréchette nous laisse libre d’imaginer une fin à cette romance bâillonnée.

 

L’auteur : Carole Fréchette

Carole Fréchette

 

Figure parmi les écrivains contemporains du théâtre québécois,                  Carole Fréchette suit une formation de comédienne puis passe sa maîtrise d’art dramatique de l’université de Québec.

Dans les années 80, elle joue et écrit pour le Théâtre des Cuisines. Là, elle apprend toutes les facettes du métier : comédie, direction scénique, organisation des festivals…

Mais elle trouve son véritable épanouissement dans l’écriture et se lance en solo avec Baby Blues en 1991. Elle continue de créer : Les Quatre morts de Marie en 1995 (qui obtient le Prix du gouvernement fédéral), La Peau d’Elisa en 1997, Les Sept jours de Simon Labrosse en 1999, Jean et Béatrice ou Violette sur la terre en 2002. Cette même année, elle est récompensée par le Prix de la francophonie au Festival d’Avignon.

Désormais connue en Europe, Carole Fréchette voit ses pièces régulièrement reprises par de nombreux metteurs en scène. Son théâtre est généralement publié chez Leméac / Actes Sud-Papiers.